Les publicités pour produits déodorants se multiplient à la télé. Retour de l’été (et donc de la chaleur), veut aussi dire transpiration accrue. Du coup, on nous ressort les 4×3 pour nous vanter les bienfaits des anti-transpirants, et les polémiques ressortent. Les traces d’aluminium contenues dans certains déodorants pourraient-elles être cancérigènes ?

Il faut en fait parler de chlorures d’aluminium. Les sels d’aluminium sont souvent présentés comme une substance douteuse pour la santé. On les emploie notamment dans certains produits déodorants car ils ont pour fonction de boucher les pores de la peau et d’empêcher la sueur d’accéder à la surface. Les propriétés sont donc excellentes, mais avec quelles conséquences ? On suspecte plusieurs choses, dont le niveau de gravité est variable :

  • responsables de l’apparition d’eczéma,
  • développement du cancer du sein
  • action hormonale néfaste sur le corps humain.

Mais à ce jour, rien n’est clairement démontré, nous vous suggérons donc d’adopter le principe de précaution et de sélectionner votre déodorant sans sel d’aluminium.
Les glandes sudoripares et la sueur

Le corps humain présente entre deux et quatre millions de glandes sudoripares, réparties sur toute sa surface, qui sécrètent la sueur. Ces glandes sont plus particulièrement actives au niveau des aisselles, et sont soumises à des facteurs hormonaux, mais aussi physiques et psychiques. La sueur assure plusieurs rôles. D’abord un rôle de protection. En effet, son mélange avec le corps gras qu’est le sébum sécrété par les glandes sébacées, participe à la formation du film hydro lipidique, protecteur cutané. Une défaillance de ce film naturel, et c’est tout l’équilibre cutané qui s’en trouve altéré. La sueur joue aussi un rôle de réfrigération. En cas d’activité physique intense, elle régule la température du corps. Enfin, rôle des plus important, l’élimination. Elle participe à l’évacuation des toxines qui s’accumulent dans l’organisme. Diverses substances sont éliminées par la transpiration : arsenic, mercure, quinine, urée…D’une personne à l’autre, la sueur est plus ou moins abondante et odorante. Elle a une réaction alcaline et peut devenir acide. Son odeur est due à des acides gras volatiles. En moyenne, pour mille grammes d’eau, elle renferme dix grammes de matière solide : sels minéraux et matières organiques. Lorsque les glandes sudoripares produisent de façon très abondante et excessive de la sueur, il s’agit d’une maladie appelée hyperhidrose, qui doit être soignée médicalement.
Le point de vue de l’AFSSAPS

Dans son bulletin rédactionnel numéro 5 de janvier/février 2001, l’Agence Française de sécurité sanitaire des produits de santé publiait sous le titre cosmétovigilance, l’article suivant :

« Aluminium et produits cosmétiques : Plusieurs articles parus dans la presse mettant en cause la responsabilité de l’Aluminium dans la maladie d’Alzheimer ont attiré l’attention des consommateurs. En novembre 2000, un groupe de travail « Aluminium et cosmétiques » s’est tenu à l’ AFSSAPS pour déterminer le risque potentiel lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques, en particulier, dans les déodorants antiperspirants qui peuvent en contenir jusqu’à 20%. L’aluminium est neurotoxique mais aucune corrélation n’a pu être faite entre la maladie d’Alzheimer et l’aluminium. L’insuffisance rénale majore fortement cette toxicité. Concernant les données relatives au passage transcutané de l’aluminium, les conclusions des travaux réalisés in vitro sur de la peau de souris sont en faveur d’un passage à 100%. Mais, d’importants problèmes méthodologiques se posent : la peau de souris n’est absolument pas adaptée pour des études de biodisponibilité transposables à l’homme sachant que l’épiderme de souris ne comprend que 2 à 3 assises cellulaires contre 20 à 30 chez l’homme. La peau utilisée a été épilée, ce qui remet en cause l’intégrité de la barrière cutanée. Pour des données exploitables, il faudrait refaire ces études sur de la peau humaine voire de la peau de porc, en respectant les notes explicatives européennes existantes sur ces méthodes. Dans les déodorants anti perspirants, l’aluminium bloque la transpiration par un procédé physicochimique visant à former un bouchon dans la glande eccrine. A ce jour, il n’existe aucun produit présentant un mécanisme d’action comparable et disposant d’une meilleure innocuité. La substitution est donc difficilement envisageable, certains produits comme les tanins, agents antibactériens…, sont à l’étude. Au vu de ces données, il n’y a pas d’éléments suffisants pour restreindre l’usage de l’aluminium dans les produits cosmétiques. Un protocole d’étude du passage transcutané de l’aluminium chez l’homme serait à envisager vu l’absence de données de biodisponibilité exploitables. »

Effectivement, la toxicité des sels d’aluminium n’est pas prouvée…Son innocuité non plus ! Donc à chacun d’entre nous de prendre le risque ou pas d’utiliser 365 jours par an un anti perspirant à base de sels d’aluminium, ou pas…Dans le doute, nous préconisons clairement de s’abstenir et de se tourner vers des produits déodorants naturels. Car certes, nous ne sommes pas des souris, mais il est dorénavant admis que l’aluminium est neurotoxique, et les conclusions des travaux réalisés in vitro sur de la peau de souris sont en faveur d’un passage transcutané à 100%…Dont acte.

En février 2006, dans le bulletin Vigilances numéro 31, l’Affsaps publie un nouvel article titré : « Evaluation du risque lié à l’utilisation des aluminiums dans les produits cosmétiques », que voici : « Les sels d’aluminium sous forme d’hydroxychlorures d’aluminium et de zirconium hydratés sont autorisés par la réglementation cosmétique uniquement dans les produits antitranspirants à la concentration maximale de 20% d’hydroxychlorures d’aluminium et de zirconium anhydre. Les sels d’aluminium (chlorhydrate d’aluminium, le plus souvent), présents dans ces formulations, bloquent le processus de transpiration en resserrant les pores de la peau et en limitant donc la sécrétion sudorale. En raison de son intérêt technologique, la substitution de l’aluminium dans les produits cosmétiques n’est pas envisageable actuellement. L’exposition à l’aluminium via l’utilisation répétée de ce type de produit est régulièrement dénoncée dans une certaine presse, elle a même été mise en cause dans l’apparition de diverses pathologies (maladie d’Alzheimer, cancer du sein…) ce qui à ce jour, malgré une expertise approfondie de l’ensemble des données disponibles, n’a pas été confirmé. Les experts de la commission de cosmétologie du 16 décembre 2004 se sont ainsi prononcés en faveur de l’innocuité des produits cosmétiques contenant de l’aluminium. Néanmoins, même si effectivement l’exposition attendue, eu égard aux effets toxiques potentiels de l’aluminium, n’est pas de nature à entraîner une suspicion de risque pour le consommateur, dans le contexte actuel des interrogations sociétales sur les dangers de l’aluminium et afin de disposer d’arguments scientifiques fiables permettant d’y répondre de manière objective et documentée, les experts ont estimé indispensable la réalisation d’une étude de pénétration cutanée de l’aluminium selon les lignes directrices actuelles. En effet, le passage transcutané de l’aluminium, bien qu’il soit faible, est avéré. Après application cutanée, la pénétration de l’aluminium se ferait essentiellement au niveau des follicules pileux qui sont répartis de façon uniforme sur tout le corps. Une étude préliminaire sur deux volontaires sains a été réalisée avec une application unique sous pansement occlusif de chlorhydrate d’aluminium au niveau de chaque aisselle, d’autres travaux sur peau de rongeurs ont également été effectués. Ces études ne sont cependant pas recevables car elles présentent de nombreux biais méthodologiques. De ce fait, deux études in vitro de pénétration transcutanée de l’aluminium ont été transmises à l’ AFSSAPS par les industriels et évaluées par les experts de la commission de cosmétologie. Ces deux études n’ont pas non plus été jugées recevables par les experts de la commission de cosmétologie du 15 juin 2004 et ne permettent pas d’évaluer de façon fiable la pénétration transcutanée de l’aluminium dans les conditions exposées. Un nouveau protocole visant à évaluer la pénétration cutanée in vitro sur peau humaine de diverses formulations cosmétiques contenant du chlorohydrate d’aluminium a été soumis par les représentants de l’industrie cosmétique à l’AFSSAPS. La commission de cosmétologie du 1er décembre 2005 a jugé ce protocole conforme aux recommandations actuelles du CSPC et s’est donc déclarée favorable à la réalisation de cette étude. Les résultats sont attendus courant 2006 et feront l’objet d’une évaluation par les experts de la commission de cosmétologie. Une publication est aussi envisagée ».

Ici, il est confirmé qu’après application cutanée, la pénétration de l’aluminium se ferait essentiellement au niveau des follicules pileux qui sont répartis de façon uniforme sur tout le corps et que le passage transcutané de l’aluminium, bien qu’il soit faible, est avéré !…Faut il donc attendre dans l’incertitude, des études scientifiques probantes, avant de ne plus utiliser les déodorants à base de sels d’aluminium ? Nous pensons au contraire que la nature met à notre disposition des produits déodorants de « substitutions » efficaces et parfaitement inoffensifs, dont il serait dommage de se passer au profit de produits dont l’innocuité est encore douteuse…
Lutter naturellement contre la transpiration

Il est désormais possible de faire le choix des déodorants bio, sans chlorures d’aluminium, totalement inoffensifs et efficaces, et surtout très respectueux de l’éco système cutané. Les déodorants formulés à base de complexe d’actifs bio sont capables de neutraliser naturellement les odeurs et de réguler la transpiration, sans toutefois bloquer complètement son écoulement. La limitation de la prolifération des bactéries responsables des mauvaises odeurs est obtenue grâce à l’utilisation d’huiles essentielles anti-bactériennes, telles que le palmarosa ou le tea tee. En outre, l’huile essentielle de palmarosa possède une délicieuse odeur. La douche quotidienne suivi de l’application du déodorant est indispensable si l’on veut éliminer efficacement les bactéries responsables des mauvaises odeurs. En outre, est il nécessaire de le rappeler, il vaudra mieux porter des sous vêtements de coton plutôt que synthétiques car ses matières dégradent la sueur est favorisent les odeurs nauséabondes. D’autre part, si l’on souhaite vraiment respecter son corps et l’environnement, on orientera son choix vers des déodorants conditionnés en billes, sticks, ou pulvérisateurs sans gaz propulseurs. Il existe des produits déodorants ce ce type aussi bien masculins que féminins dont les odeurs naturelles d’huiles essentielles sauront répondre aux goûts olfactifs de chacun. Usons donc quotidiennement d’alternatives naturelles pour notre hygiène corporelle, en toute sécurité.

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